Introduction
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Ils étaient…
Soumis aux gouvernants et à la mer;
Français, Canadiens, Anglais, Amérindiens ou Américains;
Craints en temps de guerre;
Pilleurs et coureurs.
Ils étaient…
Hardis navigateurs mais,
Tous n’étaient pas pirates!
Ils étaient…
Corsaires ou pirates?
À l’abordage sur le Saint-Laurent.
Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les Français, les Anglais et les Américains ont eu recours à la guerre de course. Ce type particulier de guerre navale consiste à recourir aux services de marins qui ne sont pas militaires, et à leur donner la possibilité d’attaquer l’ennemi au nom de leur gouvernement. Les corsaires peuvent même avoir, par exemple, le droit de capturer des navires ennemis.
Les corsaires font donc ce que l’on nomme la guerre de course. Toutefois, ils doivent absolument obtenir une lettre de marque ou une commission en course. Sans ces documents, les corsaires sont assimilés aux pirates qui, eux, sont considérés comme des hors-la-loi. Grâce à des armateurs qui fournissent le navire, les vivres et les armes, les corsaires agissent au service de leur pays, capturent des navires ennemis et touchent même une part des profits de la vente du butin pris à l’ennemi.
Ce que peu de personnes savent, c’est qu’en Amérique du Nord, et plus particulièrement dans le Fleuve et le Golfe du Saint-Laurent, des corsaires ont constamment fait la course. Ils ont accumulé du butin, ils ont pillé des postes de pêche et ils ont participé à des expéditions militaires. Les corsaires du Saint-Laurent ont donc joué un rôle important durant les guerres en terre d’Amérique.
Haut de case
Au XVIIIe siècle, quelque part sur le fleuve Saint‑Laurent...
À cette époque, il faut naviguer pour communiquer, pour commercer ou pour se déplacer sur de longues distances.
C'est aussi par bateau qu'on se fait la guerre. Et tous les moyens sont bons pour nuire à l'ennemi.
Capitaine
Ha ha! Bonne prise! Ces Anglais ne nous ont offert qu'une piètre résistance!
Alors Deneau, La Baume, Aubois et Doucet, vous dirigerez le RELIABLE. Suivez-nous jusqu'au port. On fera un bon profit et vous pourrez prendre votre pied*!
* Prendre son pied signifie prendre une part du butin.
Haut de case
Élie Galermont, nouveau marin sur ce navire corsaire, est fier de sa première prise.
Capitaine
Au nom du roi, messieurs, mes hommages... et des écus sonnants au bout du voyage!
haut de case
On reprend la mer. Mais le capitaine corsaire se prépare à commettre un acte de piraterie!
Capitaine
Bon, alors tu leur donnes les instructions pour virer vers l'île.
Second
On va laisser le tout?
Capitaine
Non! La dernière fois, le greffier à Québec était méfiant. Nous débarquerons seulement les meilleurs morceaux et la moitié des armes. Ah oui! N'oublie pas, Lemelin! Le pistolet de cet idiot de "Master"... Bien trop beau pour lui! Je me le garde!
Élie (pensée)
Élie est stupéfait: son capitaine les entraîne dans l'illégalité!
Mais... qu'est-ce qui leur prend? Ils agissent comme de vulgaires pirates, pas comme des corsaires au service du roi!
S'ils revendent une partie du butin et gardent tous les profits, nous brisons notre engagement! Les armateurs et le roi doivent avoir leur juste part, c'est le contrat!
Je ne me suis pas engagé comme corsaire pour devenir traître à la première prise...
Haut de case
À l'île Saint-Paul...
Élie (pensée)
Je n'aime pas cette affaire. Je devrais dénoncer ce filou de capitaine, mais je risque gros. Il me faut des preuves qu'il ne respecte pas son contrat de course...
Marin
Allez, Galermont, grouille-toi!
Élie (pensée)
Des preuves... plus facile à dire qu'à faire... Qu'est-ce que le lieutenant général de l'amirauté voudra voir pour me croire? Des papiers, sûrement! Heureusement que je sais lire!
Et puis, le capitaine Delatour a peut-être caché du butin sur notre navire. Voyons voir...
Bon. Il faut que je m'y mette. Pas un coin de ce bateau que je n'aurai fouillé, de la cale au pont supérieur!