Les combats

Combat

Bien qu'il soit spectaculaire, le combat naval n'occupe qu'une infime partie du temps des corsaires. En effet, les corsaires ont de longues distances à parcourir et ne rencontrent pas toujours l'ennemi.

Ainsi, même si les corsaires cherchent à prendre le contrôle d'un navire, ils ne recourent pas systématiquement au combat.De plus, les armateurs, qui investissent dans le transport de marchandises, incitent généralement les marins à se rendre sans résistance. Les corsaires, quant à eux, préfèrent être faits prisonniers que de perdre la vie. Ainsi, même si les corsaires cherchent à prendre le contrôle d'un navire, ils ne recourent pas systématiquement au combat.

Or, les combats s'imposent parfois. Par un coup de semonce, le navire corsaire somme le navire ennemi de se rendre. S'il riposte ou refuse d'obtempérer, alors c'est le branle-bas de combat!



Un Terre-neuvier vs un corsaire anglais

Terreneuvier

Le Notre-Dame de Grâce

Cinq mai 1708, à l'aube
Port d'attache : La Rochelle, France
Position : Une lieue et demie à ouest-sud-ouest de Belle Isle

Avec ses 97 hommes d'équipage et ses dix canons de petit calibre, le navire est sur ses gardes. Soudain, l'équipage aperçoit deux frégates anglaises à ses trousses.

C'est l'attaque! Le corsaire anglais canonne le navire de pêche français pendant trois quarts d'heure. Attendant le moment favorable, le Terre-neuvier répond au feu anglais au moment de l'abordage. Grâce à la mousqueterie et à une bonne bordée de canon, l'équipage repousse l'attaque corsaire!

Malheureusement, le capitaine, M. Noël Lhomme, reçoit un coup de mousquet au-dessus de l'oil droit. Il meurt trois jours plus tard. L'équipage, pour sa part, a la chance d'être sain et sauf.

Un convoi britannique attaqué

Convoi

Navire d'escorte : Le Fame

Convoi de navires marchands britanniques
Port d'attache : Londres
Destination : Québec

Au cours de l'été 1780, Le Fame, navire marchand britannique légèrement armé, participe à l'escorte d'un convoi en direction de Québec. Dispersé dans le Golfe du Saint-Laurent, le convoi est à la merci d'un corsaire américain qui s'est amené sur sa route.

Convoi

Comme le corsaire n'affiche pas ses couleurs, le capitaine du navire marchand lui demande de s'identifier. Quand le capitaine adverse lui répond « Damn'd your blood! » (Que vous soyez maudit!), il n'y a plus de doute possible, c'est un corsaire américain!

Sans donner plus d'explications, le corsaire y va d'une charge de canons. Le capitaine rassemble ses papiers et ses effets personnels, certain qu'il sera pris. Heureusement pour les Anglais, le convoi rejoint les navires isolés et réussit à repousser le corsaire. Pour cette fois, le combat est évité.

L'attaque du Trompeur

Convoi

Navire corsaire canadien : Le Trompeur

Le 5 août 1712
Port d'attache : Québec
Position : Golfe du Saint-Laurent

Parfois les corsaires mettent pied à terre pour livrer combat. Exemple : lorsque le petit équipage du Trompeur suit trois bâtiments battant pavillon anglais jusqu'au fond d'une baie.

Afin de prendre l'ennemi en tenaille, les corsaires décident de surprendre les Anglais en attaquant par terre et par mer. Faisant mine de vouloir riposter, les Anglais prennent plutôt la fuite à bord de deux navires et abandonnent le troisième aux corsaires.

Dans son interrogatoire de retour en juin 1713, René Denault, âgé de 21 ans et se déclarant flibustier, demeurant au Cul-de-sac de Québec, explique ce que la prise contenait :

« Environ dans les deux bâtiments dix ou douze barriques de sel, et environ deux milliers de morues petites et grandes tranchées et salées et quelques papiers qu'on dit être des passeports ou commissions. »

ANQ-Q, TL5D 482 G, 19/06/1713