Le ravitaillement des colonies

Elles accusent de nombreuses disettes et sont souvent en pénurie.La colonie française et, après la conquête de 1759, la colonie anglaise sont toutes deux profondément dépendantes des approvisionnements européens. Elles accusent de nombreuses disettes et sont souvent en pénurie.

ravitaillement

En temps de guerre, l'une des causes de ces difficultés provient de l'action des corsaires qui coupent les convois de ravitaillement et qui se saisissent des vivres, munitions et autres effets envoyés au secours de la colonie par la mère-patrie.

À l'inverse, des courses profitables ou des circonstances particulières peuvent avoir l'effet contraire et contribuer à ravitailler la colonie, parfois même à ses postes éloignés. Les cas de Port-Royal et de Plaisance illustrent bien une telle situation.



Sauver Port-Royal de la disette

L'établissement français de Port-Royal, en Acadie, est repris des Anglais pendant la guerre de Succession d'Espagne. Mais la guerre faisant rage, l'approvisionnement est difficile et les vivres se font rares. Pour les quelques habitants de l'endroit, l'arrivée d'un corsaire qui ramène quatre prises chargées de blé et de maïs en plein cour de l'hiver 1709-1710, est un véritable cadeau de la Providence. Il apporte, du moins pour un temps, l'abondance dans la petite colonie.

La manne venue du sud

manne

Le gouverneur de Plaisance, petite colonie de la côte de Terre-Neuve, Philippe Pastour de Costebelle, raconte cet épisode au Ministre de la marine de France, sans cacher sa joie :

« [...] La Providence qui semble ne répandre ses trésors que pour les malheureux et les exilés dans les pays les plus déserts de la Terre, nous a conduit ici une prise faite sur la côte d'Acadie par un corsaire portoricain chargé de lard et de beurre en suffisante quantité pour pouvoir attendre les secours que votre grandeur nous fait espérer au printemps prochain, et pour aplanir toutes nos difficultés [...] »

ANC, MG1 Série C11C, 9/11/1712